« La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer les ouvriers pour sa moisson ›› Matthieu 9 : 37
C’est la reprise des activités ecclésiales après la pause estivale. ll serait sûrement utile de nous rappeler cette exhortation de Jésus à ses apôtres. Devant nos agitations de gens désemparés, devant l’être humain qui, ne sachant d’où il vient, ignorant où il va, devant ces vies remplies mais vides, Jésus souffre. ll est ému au plus profond de son être. ll est ému jusqu’aux entrailles. Le verbe grec pour décrire l`émotion de Jésus est construit autour du mot qui désigne les entrailles, et qu`on traduit habituellement par : être ému de compassion.
Ainsi, Jésus trouve la situation si pénible qu’elle lui fait mal au ventre. Voilà la motivation pour envoyer ses disciples auprès des gens. Pour ce faire, et pour nous montrer l’urgence de cette mission, l’évangéliste Matthieu nous donne limage de brebis sans berger. Devant la misère humaine, Jésus prend la décision d’envoyer des bergers qui prendront soin des gens. L’amour de Jésus est comme cette source rafraîchissante et pure qui suit paisiblement son cours ; lorsqu’elle se heurte à un dur rocher, elle ne fait que s’en détourner pour porter ailleurs son action bienfaisante.
Quand Jésus parle de « moisson ››, il y a là, bonne nouvelle à accueillir à l’écoute et à la méditation de cette interpellation.
D’abord, nous nous rendons à l’évidence que l’œuvre à laquelle Dieu appelle l’humain, le croyant (vous et moi) est toujours une œuvre de moisson. La moisson est le moment le plus joyeux et le plus facile du processus de production des plantes alimentaires. Le travail de la moisson est le plus joyeux, car on rapporte enfin le fruit tant attendu. C’est à ce travail de moisson que Dieu nous appelle. Dieu ne nous la complique jamais la tâche ! La moisson à laquelle Dieu nous invite est, en fait, son œuvre même, celle qui consiste à vouloir aider tous les humains, quels qu’ils soient ; travailler pour leur salut intégral, holistique ; chercher leur épanouissement spirituel et corporel. La vocation première de ceux et celles (donc de vous et moi) que Dieu appelle à cette mission c’est celle de prier, mais aussi c’est une vocation de tout baptisé.
Chacun, chacune de nous doit participer, à sa manière, à travailler pour l’avènement du Règne de Dieu. À chacun de nous Jésus invite à prêter la main forte à la moisson afin qu’il ne manque pas des ouvriers dans le champ du Père. Le choix de Jésus sur les douze hommes d’origines différentes, sans grands mérites et sans influence est un bel exemple. Ils sont divers par leurs métiers pour signifier que ce n’est pas l’origine ni l’appartenance à une famille noble ou grande qui compte dans le service du Seigneur.
Nous sommes donc tous et toutes, ceux et celles qui doivent participer à la moisson du Seigneur. Tous et toutes, nous sommes missionnaires, annonciateurs de l’Évangile. Comme un agréable devoir mais surtout comme un privilège, nous devons annoncer la Bonne nouvelle du Royaume à ceux et à celles qui nous sont proches par la qualité de notre présence, une conduite réellement chrétienne. C’est la même qualité de présence que le Christ attend de nous aussi vis-à-vis de ceux et de celles qui se sont éloignés de l’Église, qui se sont éloignés de la foi, qui se sont éloignés de l’enseignement du Christ, les « brebis perdues ».
Prions donc ensemble le maître de la moisson, il est infiniment généreux et exauce toute vraie prière. Amen !
Charles KLAGBA