« Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ›› (Jean 11 : 21 Jean 11 : 32)
Cet extrait de l’évangile rapporte le récit de la maladie, de la mort et de la résurrection de Lazare, l`ami de
Jésus. Marthe et Marie, les sœurs de Lazare, disent successivement à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mon? » à cause du « retard » de Jésus à répondre à leurs attentes.
Nous pouvons sentir toute la frustration, tout le désespoir et même la révolte qui pèsent lourdement dans cette interpellation adressée à Jésus. Les deux femmes reprochent à Jésus d’avolr été absent justement au moment où elles avaient le plus besoin de lui.
Même le narrateur du récit dit explicitement : « À la nouvelle de sa maladie, Jésus demeura donc deux jours à l’endroit où il se trouvait. »
On dirait que Jésus a voulu être absent, ou il a choisi d’être absent. En tout cas, il ne bouge pas alors qu’il apprend la
terrible nouvelle de la maladie de son ami Lazare !
Cette absence, ou si vous voulez, cette non-présence évoque facilement notre vécu, notre réalité quotidienne à certains
moments de notre existence. C’est le sentiment, et même plus que le sentiment, l’expérience d’un abandon devant la menace réelle de la mort… Notre angoisse existentielle est mise à nu. D’un seul coup, nous sommes confrontés à tous nos vides, nous sommes contraints de faire silence et l’accepter autour de nous et en nous. Parfois, nous essayons de dissimuler cette expérience d’abandon par le bruit et l’activisme, de la fuir en nous réfugiant dans le passé ou dans l’avenir.
La « complainte ›› de Marthe et Marie ressemble à beaucoup d’autres dans la Bible, en particulier dans les psaumes…C’est une sorte de révolte ou de colère envers Dieu, je dirais même, de « reproche ›› à Dieu, pour son silence et son absence apparents.
Dans un monde aujourd’hui, avec toutes sortes de bouleversements et de drames, nous nous posons la question :
« Où est-t-il notre Dieu ‘? Que fait-t-il ? Si Dieu avait été là ! »
En fait, ce cri de révolte, c’est déjà une prise de conscience, mieux encore, une prière de demande de secours de Dieu.
Notre Dieu n’est jamais lointain, il est « un ami ›› vers qui nous pouvons crier notre souffrance. Quand tout va mal, nous pouvons toujours nous adresser à lui : « Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel ; que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ›› (Ps 129).
Le cœur de ce récit se situe dans cette parole de Jésus disant à Marthe : « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. ›› (Jean 11, 25-26).
Marthe répond au Christ par une magnifique confession de foi : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde. ›› (Jean 11, 27).
Nos peines, nos souffrances et notre désarroi devant le mal qui semble triompher, Jésus les a vécus comme nous, exactement comme nous. ll en est vainqueur ! Le Christ ressuscité nous rend aussi vainqueurs par sa victoire sur les forces du mal.
Charles KLAGBA
